Quelle(s) différence(s) entre accélérateur et incubateur ?

Cette question philosophique sonne un peu comme un sujet du BAC (vous avez 4 heures !) et à vrai dire, bien malin celui qui pourrait apporter une réponse très tranchée. Tentons tout de même d’y voir un peu plus clair ensemble.

Au commencement étaient les incubateurs

Dérivés de leurs homonymes agricoles (qui assurent un meilleur taux de survie aux poussins tout juste sortis de l’oeuf), les incubateurs de startups ont pour vocation d’aider les jeunes pousses dans leurs premiers pas, en les aidant au moment de leur création à évoluer dans un climat un peu plus protecteur. Cela signifie par exemple offrir à ces stratups un lieu où travailler, casser leur isolement en les regroupant avec d’autres porteurs de projets, et dans certains cas leur apporter un renfort de compétences, de coaching ou de visibilité… La jeune entreprise va ainsi être plongée dans un écosystème bienveillant qui a été créé autour d’elle par l’incubateur, lui donnant plus de chances (et plus de temps) pour mettre au point son innovation, faire émerger les usages et in fine valider ses hypothèses de marché en trouvant une première vraie application commerciale.

On a vu arriver, au cours des années 2000, une vague de création d’incubateurs, pour la plupart publics, adossés à des collectivités, à des écoles de commerce ou à des écoles d’ingénieurs. Accompagnement long, approche souvent immobilière (les projets sont hébergés, généralement contre loyer), propositions de “cours” et formations. Cela correspond alors à des profils variés (en âge, comme en provenance d’études ou en typologie de projets).

Quelle(s) différence(s) entre accélérateur et incubateur ?

Vinrent ensuite les accélérateurs

Les accélérateurs, plus récents, sont apparus sous l’impulsion d’entrepreneurs (à succès, principalement), rejoints rapidement par des fonds de capital-risque (les VC). Il s’agit ici d’organismes privés, qui vont s’impliquer davantage dans les aspects “business” des startups que les incubateurs. Travail intensif sur les notions de définition des propositions de valeur et des modèles économiques, structuration des processus commerciaux, préparation intensive aux phases de croissance rapide, réflexion sur le recrutement de talents pour compléter l’équipe de fondateurs… Tout est fait pour donner des bases saines à des projets ambitieux et innovants.

Les accélérateurs à la française prennent pour modèles les deux blockbusters américains qui ont “fait le marché” : Ycombinator, d’une part, et TechStars, d’autre part. Les modèles qui suivront en Europe s’appellent SeedCamp, StartupBootCamp ; en France, l’Accélérateur, 50 partners, le Camping, The Family notamment. On pense aussi au mentoring, programmes cours (de 3 à 12 mois maximum)… et surtout à des modèles “privés”, qui apportent de l’investissement ou prennent des parts dans les sociétés accompagnées. C’est aussi le lieu de la rapidité d’exécution, de la volonté de s’internationaliser, où l’on parle de lean startup, growth hacking, traction, business model generation, customer development and co.

Quelle(s) différence(s) entre accélérateur et incubateur ?

Une cohabitation pour le meilleur

Les startups sont de plus en plus nombreuses en France, de plus en plus “solides” aussi – en tout cas, la qualité monte. Par effet direct, le nombre d’accélérateurs ou d’incubateurs a lui aussi fortement progressé ces dernières années. On observe également une diversification des modèles. On peut aujourd’hui distinguer, notamment :

  • Ceux adossés à un fonds d’investissement qui, en plus du service et de l’accompagnement, prennent une première participation dans les projets, en leur apportant des financements sur des modèles éprouvés comme Techstars ou 500 startups.
  • Ceux qui valorisent leurs services contre une prise de participation. Cela a été le positionnement d’Axeleo, qui en plus d’un programme “long” d’accélération de 18 mois, a choisi de se focaliser sur les startups 100 % BtoB en post-amorçage / pré-série A.

Les grands groupes font actuellement leur entrée dans ce monde : certains ont déjà leurs propres programmes d’incubation depuis longtemps (au premier rang desquels on trouve les opérateurs téléphoniques). La nouvelle tendance pour les “corporates” est de se rapprocher d’acteurs dont c’est le métier (donc d’un nouveau métier “d’opérateur d’accélérateurs”) pour mutualiser, éventuellement avec d’autres grands groupes, ou a minima profiter de l’expertise des équipes dans le sourcing (le fait de trouver des dossiers de startups), le screening (le fait d’évaluer ces dossiers), l’accompagnement des startups sur la durée, la mise en place de veille proactive d’acteurs qui les disrupteront demain, le ciblage d’opportunités de prises de participations ou d’acquisitions, ou même l’identification de talents à intégrer aux équipes existantes (les fameux Acq-hire, mot-valise contractant Acquisition et Embauche)…

Avec un vrai bénéfice : des dispositifs complémentaires suivant les besoins et la maturité des startups. Le panorama évoluera encore et les modèles d’accélérateurs, de factory et de Venture Capital vont converger à plus ou moins long terme. Restez en contact avec Axeleo pour en suivre les prochaines étapes !

Source de l’image à la Une : Flickr (Tambako The Jaguar)

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