Corporate venture : comment les grands groupes investissent dans les startups ?

Depuis longtemps, les grands groupes collaborent avec des startups. Pourtant, cela ne fait que quelques années que le corporate venture est dans toutes les bouches. Pourquoi ? Parce que ce type d’investissement a pris un essor nouveau et trouvé une maturité nouvelle. 4 formes de corporate venture en résultent. Explications.

Le corporate venture, kézako ?

Le corporate venture est une structure d’investissement adossée à un ou plusieurs grands groupes. Il permet à ces acteurs économiques d’assurer une veille technologique, d’externaliser leur activité de recherche-développement, de sécuriser des partenariats technologiques ou commerciaux, ainsi que de prendre des positions capitalistiques dans des startups qui pourraient disrupter leurs marchés historiques. Historiquement tourné vers les directions financières, il devient un outil d’open innovation. Aujourd’hui, le corporate venture représente un dixième du capital-risque, avec une vingtaine de structures d’investissement opérationnelles en France et 290 M€ / an.

Quatre types de corporate venture

Le corporate venture n’est pas unifié. Il existe en effet quatre grandes familles de corporate ventures :

      • Ceux qui… ne font (encore) rien. Cela représente la majorité des corporates ! Dans ce cas précis, le processus de fusion-acquisition (ou M & A, pour Mergers and Acquisitions) se concentre sur des activités stratégiques à courts termes, sur des rachats de concurrents – et donc de parts de marché. Il s’agit de l’application “veille stratégique” du corporate venture : identifier des entreprises présentes dans son secteur d’activité afin de les absorber, pour s’approprier leur innovation et éliminer le risque de voir grandir une concurrence inédite. C’est par exemple la stratégie du groupe L’Oréal, qui a racheté Magic en Chine – premier marché mondial des soins de la peau – et NYX aux États-Unis, la première marque mondiale du maquillage. Ce type d’activité est (souvent) peu porté vers les startups.
      • Ceux qui investissent via une équipe interne. Dans ce genre de démarche, les entreprises portent l’intégralité du risque et font le métier de fonds d’investissement. À la différence du 1er cas, le périmètre d’investissement va cibler des startups ayant un impact sur des horizons moyens ou longs termes pour le corporate. Là encore, les exemples sont nombreux : Orange Digital Venture (télécommunications), Seb Alliances (nouvelles technologies destinées à améliorer la vie quotidienne des consommateurs), Safran Ventures (aéronautique, espace, défense, sécurité), Bouygues Telecom Initiatives (télécommunications), ENgie New Ventures…
      • Les fonds… de fonds. Les corporates confient ici leur argent dans des fonds tiers, généralistes ou thématiques dans une optique (principale) de rentabilité. Le fonds est portée par une équipe de gestion composée d’analystes qui s’appuient sur des critères qualitatifs et quantitatifs pour sélectionner les meilleurs opportunités d’investissement. Souvent souscrits par un grand nombre d’acteurs, il y a peu d’interactions entre les participations et les LPs. Il s’agit d’un investissement et d’une gestion “de loin”, indirecte.
      • Ceux qui investissent dans des fonds dédiés. Dans ce type de fonctionnement, un groupe ou un nombre restreint de groupes mettent en commun leurs moyens financiers pour investir sur une thématique stratégique commune. Ce fonctionnement permet de partager les réussites… mais aussi (surtout ?) les risques. Il existe plusieurs exemples : IRIS Capital (créé par Orange et Publicis), Aster Capital Partners (Alstom, Schneider…), Demeter Partners, Ecomobilité ventures (SNCF, Total et Orange), SNCF Digital Ventures (confié à Hi Inov), Electranova (via Idinvest)…

En France, le recours au corporate venture est encore sous-utilisé. Il s’agit pourtant d’un outil stratégique qui permet, en plus des considérations financières, d’avoir une veille proactive sur les innovations coté corporate et pour les startups de se rapprocher de leurs clients, d’intégrer un réseau de distribution, d’accéder à des marchés complexes, de recevoir un soutien technologique ou commercial … Le recours au corporate venture doit se faire en toute connaissance de cause. Il s’agit de bien identifier les bénéfices/risques, car une telle démarche peut avoir d’importants impacts pour la suite du projet de par la forte proximité avec des acteurs clés de ses marchés.

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